Pourquoi devons-nous nous souvenir de quarante années dans le désert précisément pendant une fête de joie?

La Torah explique la soukka : « Afin que vos générations sachent que J’ai fait habiter les enfants d’Israël dans des soukkot lorsque Je les ai fait sortir d’Égypte » (Lévitique 23,43). Au cœur d’une fête de joie, il nous est demandé de nous souvenir du désert : un lieu sans maisons permanentes, sans champs et sans sécurité économique ordinaire.
Pourquoi faire entrer le désert dans la joie ? Peut-être parce qu’une personne doit se souvenir non seulement des endroits où elle a réussi, mais aussi de ceux où elle a été portée. Nous aimons raconter notre histoire à travers nos réussites. Il est moins confortable de se souvenir des périodes où nous ne savions pas de quoi demain serait fait et où quelqu’un nous a soutenus, a cru en nous ou nous a ouvert une porte.
La soukka est un souvenir de dépendance, et ce peut être un souvenir sain. Elle empêche la réussite de réécrire le passé comme si nous avions toujours tenu debout seuls.
Une personne réellement forte n’est pas celle qui efface de sa biographie les jours où elle avait besoin des autres. C’est celle qui s’en souvient même lorsqu’elle tient désormais debout, et qui sait donc tendre la main à quelqu’un qui traverse aujourd’hui son propre désert.